[Lu sur le Web] Antisystème, le flou qui cache un loup

Extrait de l’article « Le Pen, Mélenchon, Hamon, Fillon, Asselineau, Poutou et consorts n’ont de cesse de vilipender le système, ce bouc émissaire au contour flou. Partons à sa recherche, car l’animal est sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Aux États-Unis, Donald Trump le combat activement, lui qui a été porté au pouvoir avec la promesse de le tailler en morceaux. En Europe, le «système» a été chassé d’Espagne, puis de Grèce, par Podemos et Syriza, dont il a tout de même réussi à faire échouer la politique.

On l’aurait vu dernièrement, en Grande-Bretagne, ferrailler contre les partisans du Brexit. Sa défaite l’aurait poussé à franchir le Channel pour faire une brève halte en France, le temps d’une élection présidentielle. Mais là, malheureusement pour lui, il n’avait aucune chance: tous les prétendants à la magistrature suprême avait promis de lui faire rendre gorge. Une fois Emmanuel Macron élu il a dû fuir. Vers où?

Peut-être n’a-t-il tout simplement jamais bougé. Peut-être est-il resté, tapi là dans chacun des pays donc on aurait voulu le chasser. Patient, calmement revanchard, inépuisable. C’est du moins ce que pense l’auteur de la définition du terme «système» dans le Robert grand format. Parmi les nombreuses exceptions données à ce mot se cache la cible de nos antisystème: «l’armature économique politique morale d’une société donnée considéré comme aliénante contraignante». Haro sur l’armature!

Le pouvoir d’une caste arrogante?

Encore que nous ne sommes pas bien avancés. Des armatures contraignantes, les sociétés occidentales en ont beaucoup, entrelacées. Parle-t-on ici du «système» de représentation politique, en l’occurrence le vote? Tous les pays que l’on vient de citer ont en effet ce système en commun. Et bien non! Syriza, Podemos, Trump, les partisans du Brexit et les candidats aux élections françaises ont en commun un impeccable légalisme. Ils ont faire reconnaître leur formation auprès des instances qui encadrent les compétitions électorales. Ils ont mobilisé leur public pour qu’ils participent aux élections et se servent de leur droit de vote. Ils ont même, dans leur ensemble, coopéré avec les journalistes chargés de couvrir les élections… encore que ce dernier point soit plus problématique, nous y reviendrons. En tout cas, il est évident que le système électoral représentatif n’est pas l’adversaire abhorré de nos antisystèmes. Mais alors, ce système tant ciblé, où le trouve-t-on?

 

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