[Lu sur le Web] Valls, itinéraire d’un enfant gâté.

Extrait de l’article « Oublié le Premier ministre, Valls est d’abord un « winner », un super manager, « cost-killer » des temps modernes. C’est une machine de guerre économique, qui se trompe de combat. Croyant, comme son modèle anglo-saxon, en la vertu des marchés pour créer la croissance, il en oublie le but premier du socialiste de lutte contre les inégalités et pour la justice sociale. Il met en scène sa lutte héroïque contre le Front National, qui ne gagne en puissance que par la perte de la base populaire du PS au profit des extrêmes politiques. Enfin, à l’issue des tragiques attentats de janvier puis de novembre 2015, au lieu de protéger la liberté d’expression, il instaure un « patriot act » à la française qui réduit les libertés au nom de la sécurité des populations civiles.

Quand Blair invente le « new labour » il y a 20 ans, c’est avant d’accéder au pouvoir, profitant d’un contexte économique favorable, dans une Monarchie de classes ou l’État et les modèles de redistribution sociale font cruellement défaut. Il est alors facile pour le New Labour de tempérer une politique libérale et conservatrice par quelques mesures sociales à minima.
L’idée même d’un Blairisme à la française est une aberration et une erreur fatale pour le PS, qui est contraint d’accepter cette marche forcée malgré la tentative désespérée des frondeurs de faire revenir l’exécutif à la raison. Certains responsables socialistes ont appelé à plus d’audace et d’inventivité suite à la défaite électorale attendue. Le choix de continuer dans plus d’autorité et plus de dérégularisation d’inspiration libérale prouve que ces appels n’ont pas été entendus.

La troisième voie promise par le Blairisme a été un échec national qui a néanmoins instauré la social-démocratie en solution européenne valant de programme pour tous. Cette troisième voie, devenue la seule voie possible des élites dirigeantes, est surtout le fossoyeur des idées socialistes en Europe et empêche la pensée créative. Alors que les inégalités ne cessent d’augmenter, alors que la finance casino reste hors de contrôle, rien ne vient remettre en cause le modèle libéral et productiviste de marché pourtant destructeur d’emplois, de lien social et véritable catastrophe sanitaire. Le social libéralisme n’est dans les faits qu’un renoncement, une victoire totale des conservatismes déguisée en progrès nécessaire des idées et des sociétés.

 

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