[Lu sur le Web] La presse américaine réagit avec effroi à la victoire de Donald Trump

Extrait de l’article « Le désarroi des éditorialistes

Dans un édito publié par le New York Times, l’économiste Paul Krugman, lauréat du Prix Nobel en 2008, a fait part de son désarroi face à son propre pays, qu’il ne reconnaît plus :

“Nous pensions que la grande majorité des Américains estimaient les valeurs démocratiques et la loi. Il s’avère que nous avions tort. Il y a un grand nombre de personnes  – des personnes blanches, vivant pour la plupart dans des zones rurales – qui ne partagent pas notre vision de l’Amérique. Pour elles, tout est question de sang et de terre, de patriarcat traditionnel et de hiérarchie raciale.”

Même stupeur chez Thomas L. Friedman, éditorialiste au New York Times et triple lauréat du prix Pultizer, qui titre son édito “SDF aux Etats-Unis” :

“J’ai commencé cette nuit d’élection en écrivant un édito qui commençait par les mots d’un immigré, mon ami Lesley Goldwasser, qui est arrivé aux Etats-Unis du Zimbabwe dans les années 80. Considérant notre paysage politique il y a quelques années, Lesley m’avait dit : “Vous les Américains, vous frappez votre pays comme s’il s’agissait de foot. Mais ce n’est pas du foot. C’est un œuf Fabergé. Vous pouvez le briser.

Avec l’élection de Donald Trump, j’ai plus peur que jamais en 63 ans que nous puissions faire ça, briser notre pays, que nous puissions être si irrémédiablement séparés que notre gouvernement national ne puisse plus fonctionner.”

Pour lui, s’il est encore trop tôt pour expliquer la victoire de Trump, la principale raison serait à chercher du côté d’un sentiment de déracinement, de perte de repères dans la population américaine :

“Mon instinct me dit que cela a moins à voir avec le commerce ou les inégalités salariales qu’avec la culture et le sentiment de beaucoup d’Américains d’être “sans domicile”. Il n’y a rien qui puisse plus énerver ou désorienter les gens que le sentiment d’avoir perdu leur maison. Pour certains, c’est parce que l’Amérique est devenue un pays à majorité minoritaire, ce qui a menacé l’idée de communauté de beaucoup de personnes de la middle-class blanche, particulièrement ceux qui vivent à l’extérieur des gros centres urbains cosmopolites.”


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