[Economie] La Deutsche Bank va mal : le spectre d’une nouvelle crise bancaire en Europe ?

Suite à une menace par la justice américaine de payer une amende de 14 milliards d’euros pour sa responsabilité dans la crise des « subprimes », la banque de Francfort est dans le doute et fait fuir les investisseurs. Pour cause, les réserves de la banque semblent trop faibles. L’institution de Francfort n’a provisionné dans ses comptes que 5,5 milliards d’euros pour l’ensemble de ses litiges. Alors ou trouver les fonds nécessaires pour honorer ses pertes probables ? La question reste sans réponse à ce jour.

A ce stade de la crise, la chancelière Angela Merkel se refuse à tout interventionnisme de l’état fédéral. Affaiblie par les résultats décevants des récents scrutins dans son camp politique, elle ne veut pas envoyer un mauvais signal à l’électorat qui lui a tourné le dos : une partie de l’électorat conservateur a déjà déserté la CDU. Même si cette désaffection est plus à mettre sur le compte de sa politique volontariste d’accueil des migrants.

Autre facteur expliquant l’attitude de Berlin, l’usage de l’argent public comme bouée de sauvetage des entreprises n’est guère appréciée par les allemands. « Ces pratiques sont particulièrement mal perçues au pays de l’ordolibéralisme, théorie qui considère que l’Etat ne doit guère venir soutenir les entreprises en mauvais état ».

Au niveau Européen, l’Allemagne est la pionnière de l’orthodoxie financière de Bruxelles au travers de l’union bancaire. Cette résolution « rejette l’aide publique après la participation des déposants, créanciers et actionnaires ».


Don’t Act donc! Mais pour combien de temps encore ?

Car les conséquences d’une crise de la Banque de Francfort seraient fatales pour la zone. Pour cause, de par ses activités de marché la Deutsche Bank est un acteur majeur de la finance dans la zone euro.Pour qui, elle est le principal fournisseur de liquidités. Un arrêt de ses activités entraînerait les autres Banques de la zone et impacterait la confiance des acteurs en place. Ne pas oublier que le bilan de la Banque de Francfort est presque équivalent au PIB de l’Italie.

A ce jour, le cours de l’action Deutsche Bank poursuit sa chute à la Bourse de Francfort. A 08H51 GMT, le titre lâchait 5,52% à 10,28 euros provoquant un effet baissier des banques du secteur.

Ainsi « peu avant 9h à la Bourse de Paris, Société Générale perdait 3,67% à 29,69 euros. A Londres, Barclays cédait 3,05% à 162,10 pence et RBS 2,26% à 173,10 pence, quand à Madrid, Santander lâchait 3,98% à 3,79 euros et BBVA 3,35% à 5,17 euros. En Suisse aussi, UBS abandonnait 3,07% à 12,63 francs suisses et Credit Suisse 3,41% à 12,17 francs suisses » (Source AFP).

« Le secteur financier étant la branche la plus sensible et la plus fragile, les incertitudes peuvent vite avoir des effets secondaires non voulus », explique Robert Halver, analyste de la banque Baader. Le battement d’aile d’un papillon peut provoquer l’éruption d’un volcan », illustre-t-il.

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